5 Raisons de voir (ou pas) Annihilation

Je fais une fixation sur ce bouquin depuis un long moment. Et sur le film, sorti il y a peu sur la plateforme Netflix. Annihilation c’est un texte qui m’a touchée, plus que je ne l’aurais cru. Et surtout, c’est de la science-fiction, mon petit péché mignon. Quand j’ai vu que Natalie Portman, une de mes actrices préférées, et Oscar Isaac, un de mes acteurs préférés, portaient ce film… C’était la consécration. Netflix et son graphisme impeccable, Portman et Isaac aux jeux impeccables… Oui, oui, oui ! Je ne vais pas vous mentir, je trépignais littéralement d’impatience.
Le résultat… ? Je propose de vous le dévoiler ici, 100% non-spoilers, en cinq grands points.

 

1. J’AI AIME POUR… sa réalisation toujours impeccable

Netflix est vraiment doué pour ça, je ne cracherai jamais dessus. Une véritable beauté. Non seulement au niveau des effets spéciaux, mais aussi pour la poésie qui en découle. Les couleurs sont sublimes, les plans travaillés.

Je ne suis pas une critique de cinéma donc je ne saurais pas vous dire s’il y a eu des erreurs, mais j’ai trouvé le choix de la réalisation vraiment particulier et soulignant parfaitement bien tout ce qu’Annihilation est censé vous faire ressentir : une sorte de fascination morbide, pour la beauté de la Nature qui sait être monstrueuse quand il le faut. Les choix de musique, particuliers, étaient aussi carrément en adéquation avec la beauté du film.
Petit bémol pour l’ours, dont les effets spéciaux semblaient un peu bâclés.

 

 

2. J’AI AIME POUR… des acteurs vraiment bons

J’ai trouvé le jeu de la plupart des acteurs bon. Natalie Portman porte le film à elle toute seule grâce à un personnage haut en couleurs qu’elle joue à merveille. Oscar Isaac nous livre aussi une prestation qui m’a beaucoup plu, même si on le voit très peu. Ne vous attendez pas à des dialogues dans tous les sens. Annihilation joue sur les regards, les sous-entendus, les non-dits. On s’accordera sur le fait que la psychologue et l’une des femmes de l’expédition (dont j’ai oublié le nom…) cassent un peu le rythme, mais ça reste lisible malgré tout.

 

3. JE N’AI PAS AIME POUR… la fin du film

Faiblesse du réalisateur qui réitère le même problème que j’ai rencontré dans son premier film « Ex Machina ». La fin n’est pas une fin, en tout cas pas une fin qui convient au film que l’on vient de voir. Je sais qu’il ne faut pas comparer un livre et un film, mais j’ai eu la désagréable impression de me faire spoiler la fin de la trilogie alors qu’il n’y avait qu’un film… et qu’en plus elle était ratée ! Je suis pour les élucubrations métaphoriques, je suis pour les fins ouvertes, la part laissée à l’interprétation mais… pas comme ça ! Un seul film ne suffit pas pour porter le poids de cette fin, qui nous laisse, justement, sur notre faim. Quoi, pourquoi, comment ? Toutes les questions que nous avons au début du film ne reçoivent AUCUNE réponse. La fin a beau être belle, poétique, tout ce que vous voulez, elle n’est pas une fin en soi que je trouve satisfaisante, car les personnages ne sont pas arrivés au bout de leur parcours.

 

4. JE N’AI PAS AIME POUR… des approximations fâcheuses

Le matériau de base est si intéressant et dévoile tellement d’informations nécessaires à la compréhension de l’histoire que de les voir amputées dans le film me laisse un goût amer. Comme pour Seul sur Mars, le réalisateur décide de faire le tri dans ce qui l’arrange ou non, se moquant complètement de la cohérence de ce qu’il raconte (oui, je suis fâchée). S’il y a beaucoup d’approximations dans le film, je ne vais pas les évoquer au risque de spoiler, mais elles sont là, sous-jacentes dans chaque scène. Je n’en dévoilerai qu’une, car elle me brise le cœur.
La raison du titre du film n’est pas dévoilée. PIRE ENCORE ! Elle est mal interprétée. Annihilation a ce titre pour une bonne raison. Nous ne retenons pas le nom des protagonistes pour une bonne raison. Des raisons inhérentes à l’histoire, qui lui donnent du sens, qui sont porteuses ! NON, Annihilation ne s’intitule pas ainsi parce que « la Nature veut annihiler ». NON, NON, NON ! Et tous ceux qui aboutissent (à raison, si on suit le cheminement du film) à ce constat s’éloignent en fait du véritable intérêt du film… dont je parlerai dans le prochain point.

 

5. J’AI AIME POUR… le goût du risque

On ne peut pas nier que tout dans ce film tire vers le risque. Et d’ailleurs, le résultat est tel qu’il n’a pas été diffusé en salles de cinéma françaises, de peur que ça ne fonctionne pas… Chaque scène est un parti pris, une position oui, je le répète, risquée, face à ce qu’on a l’habitude de voir. Un film de science-fiction aux allures de thriller, flirtant agréablement avec la poésie, le métaphorique. Des images dérangeantes, intrigantes, une réflexion sur la nature et sur beaucoup de pathologies. Le deuil, la dépression, la nature humaine. Annihilation, sous couvert de « boum boum je tue des trucs bizarres » est un véritable voyage initiatique.

 

Pour conclure sur cet article déjà beaucoup trop long… J’ai aimé Annihilation. Pas comme j’ai aimé le livre. Avec de nombreux bémols, de nombreux « meh ?! » durant le film. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée. J’ai presque été déçue qu’il se termine si vite. Un bon petit film à mater sur Netflix un soir de déprime avec un pot de glace Ben & Jerry’s, quoi.
J’ai aimé, oui.
Mais j’ai été déçue — car je le portais déjà aux nues…

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